[Critique] – Don’t Worry, He Won’t Get Far To Foot de Gus Van Sant

[Critique] – Don’t Worry, He Won’t Get Far To Foot de Gus Van Sant

Si Hollywood a des réalisateurs fars comme Steven Spielberg et James Cameron, Gus Van Sant est un cinéaste majeur du cinéma indépendant américain. Avec des films réputés comme Elephant, Last Days ou Paranoid Park, sa fameuse « tétralogie de la mort ». Il revient après 3 ans avec Don’t Worry, He Won’t Get Far To Foot, un film retraçant la vie du dessinateur américain paraplégique John Callahan.

Et c’est à Ciné Cité les Halles que j’ai eu le plaisir de voir en chair et en os Gus Van Sant, ainsi que le film Don’t Worry, He Won’t Get Far To Foot, un chef d’œuvre de sa filmographie. En salles dès le 4 avril.

SYNOPSIS

Même après avoir failli mourir dans un accident de la route lors d’une nuit de beuverie avec son ami Dexter, John Callahan n’a pas la moindre intention d’arrêter de boire. Il finit pourtant par suivre une cure de désintoxication, soutenu par sa compagne et un mentor charismatique, et se découvre alors un don inattendu… Il crée des dessins à l’humour noir, satirique et insolent, qui lui vaudront un succès international dès leur publication dans la presse. En dessinant, Callahan découvre une nouvelle manière de voir la vie…

UN RÉCIT INATTENDU

Soit on aime, soit on n’aime pas. C’est la marque de fabrique de Gus Van Sant, autant adoré que détesté.
Avec Don’t Worry, He Won’t Get Far To Foot, il nous propose un récit inattendu par sa manière d’aborder un sujet surexploité au cinéma, l’alcoolisme.

John Callahan est un artiste plutôt méconnu qu’on découvre grâce au film. Et Gus Van Sant s’intéresse particulièrement à la vie qu’il mène après son tragique accident de voiture qui le rend handicapé, pouvant se déplacer uniquement en fauteuil roulant.

S’il est désavantagé en étant tétraplégique et alcoolique, le cinéaste nous montre par différents moyens qu’il a abandonné à maintes reprises, mais que ce n’est pas une fin en soi.
Habituellement, on nous propose une vision assez évolutive de l’alcoolisme : un personnage est alcoolique, il va en thérapie, il va
beaucoup mieux grâce à quelqu’un. Et bien ici, l’évolution est assez inattendue et réside surtout dans le caractère en acier de John.

UNE MISE EN SCÈNE BRILLANTE

Dans Don’t Worry, He Won’t Get Far To Foot, la mise en scène est extrêmement captivante, notamment par le fait qu’il y a toujours du mouvement.
La caméra se laisse porter et accompagne l’état de pensée des personnages, on retrouve très souvent ces zooms et ces dé-zooms lors des dialogues, parfois laissant place à des détails (lorsqu’ils sont en thérapie, un homme parle du fait qu’il ne côtoie plus de femmes, c’est à ce moment qu’il y a un court dé-zoom pour faire apparaître une sculpture de couple).

En allant plus loin, le temps est représenté par des fenêtres, c’est cette transition qui montre créativement l’aspect répétitif et évolutif de la vie.

UN BON CASTING

La direction d’acteurs est très bonne. Bien évidemment, on retrouve Joaquin Phoenix, un des meilleurs acteurs actuels qui n’en profite pas pour tomber dans un pathos habituel qui puisse coller au rôle.

Jonah Hill, qui lui, est une véritable surprise puisqu’on ne l’a jamais vu dans un rôle aussi sérieux et respectable.
Pour les fans de Joaquin Phoenix, vous serez ravis de voir Rooney Mara, avec qui il montre une complicité exemplaire, nous rappelant le très beau film Her.

POUR CONCLURE…

C’est dans un récit rythmé que nous plonge Gus Van Sant, sans tomber dans le pathos et en dirigeant parfaitement les acteurs autour de dialogues très justes.

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Monsieur Pravine

19 ans, étudiant en cinéma, fan de cinéma et de séries, « Her » le meilleur des films!

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